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5) Qui a inventé les Crèches ? Qui les a introduites à Marseille ?

Saint-François d’Assise, comme on le voit dans les chroniques de son ordre, plein d’une dévotion profonde pour le mystère de l’Incarnation, construisit un oratoire, près de Grecio, le jour de Noël, et y représenta, le plus au naturel qu’il put, la nativité de notre Seigneur, après en avoir obtenu la permission du Saint-Siège.

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A cet effet, il avait fait choix d’une chétive étable tombant en ruines, et, pour lui donner plus similitude avec l’étable de Bethléem, il la garnit de mousse et de paille, puis il y plaça des figures de bois représentant la Vierge, saint Joseph, et l’Enfant Jésus entre un âne et un bœuf, conformément aux tableaux des anciens peintres qui se sont eux-mêmes inspirés de ces paroles du prophète Isaïe : le bœuf a connu son possesseur, et l’âne la Crèche de son Seigneur.

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Cette Crèche fut d’abord fréquentée par un grand nombre de religieux qui venaient y faire leurs prières, et bientôt elle attira les paysans d’alentours qui, pour imiter l’allégresse des pasteurs de la Judée, les premiers adorateurs de l’Enfant-Dieu, se rendirent à la Crèche de Saint François au son de leur guitares.

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La Crèche où le Divin Enfant voulut être couché, au moment de sa naissance, a été apportée à Rome au VIIe siècle, et qu’on la voit encore dans la basilique de Sainte-Marie-Majeure, appelée aussi, pour ce motif, Sainte-Marie ad proesepe.

Elle est enchâssée dans l’argent, avec deux anges à ses côtés qui ont été donnés à la basilique par Philippe II, roi d’Espagne.

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La dévotion de Saint François eut bientôt des imitateurs, et ce fut la congrégation de l’Oratoire qui l’introduisit à Marseille où elle fut accueillie avec un assentiment, un bonheur universel.

A la première Crèche des Pères de l’Oratoire succéda celle de la paroisse des Accoules ; puis ce furent St-Martin, St-Laurent, la Charité, les Observantins qui, tout à tout, inaugurèrent la leur ; enfin chaque foyer eut sa Crèche.

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Mais nos pères firent plus : sur la porte d’entrée de leur maison, ils établissaient une Crèche, puissant préservatif contre les dangers de la mer, dans l’invocation de celui qui commande aux vents et aux flots, heureuse diversion contre l’isolement des rivages lointains dans le souvenir des plus douces joies de la famille.

Quand vinrent les mauvais jours, la Crèche resta à l’abri du toit domestique jusque en 1803, où elle reparut avec le rétablissement du culte, à St-Martin, aux Grands-Carmes et à St-Laurent.

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En 1806, Monseigneur de Cice ayant aboli les Crèches dans les églises par suite de quelques abus auxquels esses avaient donné lieu, des industriels eurent la pensée de spéculer sur le goût si prononcé des Marseillais pour la représentation de la naissance du Sauveur.

De là les Crèches et les pastorales publiques qui, à l’époque ci-dessus indiquée sont arrivées à la nôtre, se multipliant d’années en années jusqu’à aujourd’hui, où elles s’élèvent au nombre de vingt pour la ville seulement sans compter celles de la banlieue.

 

Texte retrouvé par Gérard Robette-Papet et photos de JC Gosselin

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